ASPCJE

Les Ecoles Juives

Situation au Caire

ÉCOLES DE LA COMMUNAUTÉ

 

Comme nous l'avons vu, les premières écoles juives du Caire sont fondées par la communauté. De façon statutaire (statut de 1920) ces écoles appartiennent à la communauté et sont administrées par un conseil nommé : Comité des Écoles. Ce comité, composé de 12 membres, a tout pouvoir pour administrer les écoles. C'est lui qui nomme les directeurs et le personnel enseignant, fixe les traitements de toutes les personnes travaillant dans ces écoles, décide du choix des élèves payants ou gratuits. Il fixe le programme d'enseignement et peut décider par exemple d'ouvrir de nouvelles classes, ou même de créer de nouvelles écoles. Le comité des écoles soumet au conseil de la communauté, pour approbation, ses prévisions de dépenses pour l'année scolaire à venir et rend compte de la tenue du budget de l'année précédente. Le budget de ces écoles provient de l'allocation allouée par la communauté et de donations privées (14).

 1933-ecole-cattaoui-pacha_112_77_80École Moïse de Cattaoui (14).

Jusqu'en 1902 la Communauté Israélite administre l'école de garçons « Talmud Thora » appelé aussi école Moïse de Cattaoui. Dans un rapport de l'Alliance Israélite Universelle daté de 1897, la description de cette école n'est pas très élogieuse. Voici quelques extraits : « l'école compte à peu près 190 élèves. Elle est dirigée par M. Benoît, un catholique. ....... Un certain Negri, neveu de M. Cattaoui, dénué d'intelligence, pour ne pas dire plus, que son oncle a placé à l'école pour ne pas l'avoir à sa charge. Il y a enfin deux rabbins, dont M. Antibi et un professeur d'arabe. Lorsque je suis arrivé à l'école, le directeur était en train d'interroger les élèves sur les sous-préfectures de la France et les enfants savent à peine le français...... »

En 1920 l'école se déplace dans un immeuble, don de Moïse de Cattaoui pour loger cette école qui porte son nom. C'est à partir de là que le niveau scolaire s'améliore considérablement.

Cette école est payante.

1924-ecole-marie-suares_112_72_80École Marie Suarès (14).

C'est en 1921 que Félix Suarès offre à son tour un immeuble analogue à celui de Cattaoui pour loger une école de filles.

Cette école est payante.

1927-abbassiehx700_112_80_80École de l'Abbassieh (Écoles de la Bienfaisance) (14).

L'année 1902 voit la création du groupe scolaire de l'Abbassieh (Écoles Gratuites de la Communauté Israélite). Cet établissement a été cédé par l'alliance, depuis 1912, à la Communauté qui en a désormais assumé la charge. Cette école appelée aussi École de la Bienfaisance comprend une section pour garçons et une section pour filles. En 1925 elle assure l'instruction primaire à environ 2500 élèves.

o   La section française prépare au certificat d'études primaires français.

o   La section égyptienne prépare au certificat d'études primaires égyptien, selon les programmes du gouvernement.

o   La section supérieure mixte de 13 à 16 ans prépare au brevet élémentaire et au brevet d'enseignement primaire supérieur français.

Les diplômes ont un caractère rigoureusement officiel. Ils sont décernés est reconnus par les autorités compétentes des gouvernements égyptiens et français. Les langues enseignées sont les suivantes :

o   la langue française, langue de culture et d'examen.

o   La langue arabe, première langue d'examen.

o   La langue hébraïque, langue religieuse et traditionnelle.

o   Les langues italienne et anglaise obligatoires.

Cette école est gratuite.

En 1927 une souscription est ouverte sur l'initiative du président de la communauté israélite du Caire, Joseph Cattaoui, pour réunir un fonds destiné à subvenir aux frais de construction d'un bâtiment pouvant loger environ 1500 élèves. Cet immeuble magnifique, situé à  Abbassieh, a fait l'admiration de tous ceux qui l'ont visité. Le programme d'enseignement a suivi différentes directives depuis l'ouverture pour aboutir à l'enseignement en langue française comme langue fondamentale de l'enseignement.

Fréquentation des Écoles de la Communauté (15).

Année

1927

1928

1929

1930

1931

1932

 1933

Nombre

1796

1833

2070

2240

2078

2035

2248

 Les élèves diplômés des écoles de la communauté peuvent poursuivre leurs études secondaires suivant le diplôme obtenu au :

o  Lycée de la mission laïque française ou tout autre établissement religieux d'études secondaires (chrétien, comme le collège de la Sainte-Famille préparant au baccalauréat français ou égyptien) en vue de l'obtention du baccalauréat français.

o  Collège Français en vue de l'obtention du baccalauréat égyptien.

o  Pour ceux qui souhaitent un apprentissage court (pour les moins doués) ils peuvent poursuivre à l'Oeuvre Israélite d'Apprentissage : «Salomon Cicurel».

Le Caire ne possède pas, comme à Alexandrie, d'établissement d'études secondaires juif conduisant au baccalauréat. Rappelons aussi que le lycée de la Mission Laïque Française n'a été ouvert au Caire qu'en 1910, installé dans le palais Mazloum Pacha et se trouvant à l'étroit dès 1914 avec 420 élèves dont une bonne moitié sont juifs ; il ne sera transféré qu'en 1928 rue El Houaïaty où il reçoit 1500 élèves en 1929.

1933-la-goutte-de-lait_112_80_80L'OEUVRE DE LA GOUTTE DE LAIT.

L'Oeuvre de la Goutte de Lait est le résultat d'une idée généreuse de M. Isaac Benaroio (16) qui consiste à fournir aux élèves des écoles communales un petit déjeuner. Il a été le fondateur et le mécène de ce service qui a commencé à fonctionner en novembre 1915. Vers la fin de la première guerre mondiale, en 1917, il décide de compléter cette oeuvre par la fondation d'un orphelinat. Le dernier pas qui reste à faire est de construire un local pour accueillir cette fondation, ce qui est réalisé en 1921. Dans ce local, deux classes de fin d'études sont ajoutées pour permettre aux enfants de compléter le cycle d'études primaires. En 1926 viennent s'ajouter des classes professionnelles. C'est dans ces classes professionnelles que sont groupés les garçons et les filles n'ayant pas d'aptitude pour les études et où ils reçoivent une éducation professionnelle qui leur permet d'aborder la vie active.

ÉCOLES GREEN.

Les Écoles Green (17) ont été fondées en 1924 par Messieurs Jacques, Ralph et Mme Esther Green dans le quartier du Mousky. En 1943 l'école, dirigée par M. Saad Melki célèbre journaliste, dispense l'enseignement primaire à 440 élèves qui reçoivent un enseignement élémentaire suffisant pour leur permettre d'affronter avec succès les besoins de tous les jours.

ÉCOLE JABES

Fondée en septembre 1934 par Mme Rachel Jabès (17), cette école est située dans un petit local à Abdin. En 1937 l'effectif est de 280 élèves, en 1938 il passe à 350. Cet accroissement est dû aux résultats brillants qu'obtiennent les élèves au brevet élémentaire. Ajoutons que 20 % des élèves sont de confession musulmane. Cette école est située Rue Mansour (Bab el Louk) et l'annexe à Kasr el Doubara.

PETIT LYCEE DE SAKAKINI.

Fondée en 1936 par M. Félix Samama (17) cette école occupe un vaste local à la rue Ibn Khaldoun. En 1938 elle compte 150 élèves et comprend trois sections : maternelle, primaire et secondaire (classe de certificat d'études). Elle assure aussi un cours spécial de sténodactylo pour jeunes filles et un cours du soir d'études commerciales pour jeunes gens.

1936-abraham-btesh-batiment_112_80_80ÉCOLE ABRAHAM BTESH

Fondée en 1923 à Héliopolis (18), elle assure, en 1938, l'instruction à 556 élèves. C'est une école primaire et secondaire qui conduit au brevet élémentaire.

ÉCOLE D'APPRENTISSAGE « SALOMON CICUREL ».

Cette école d'apprentissage (19), fondée en 1920 grâce à un legs de L.E.2000 de Salomon Cicurel, peut recevoir en permanence jusqu'à 40 élèves artisans par an. Elle est dirigée par Salvator Cicurel. Cette école conduit à toutes sortes de métiers, elle forme des chemisiers, des cordonniers, des chauffeurs, des mécaniciens, des électriciens, des ferblantiers, des graveurs, des horlogers sertisseurs, des typographes, des tailleurs et même des artistes peintres. Pour y entrer, il faut être âgé de 13 ans, être de confession juive et avoir un certificat d'études primaires. L'apprenti reçoit une prime mensuelle fixée par le surveillant et une réserve est également constituée à son profit pour lui être remise à la fin de son apprentissage. Cette réserve doit servir à son installation.

NOTES

(14)    Maurice Fargeon, Les Juifs en Égypte, imprimerie Paul Barbey, Le Caire 1938, p.213-215.
(15)    Rapport du Comité et compte pour l'année 1933, École de la Communauté Israélite du Caire, Le Caire 1933, (Archives AIU).
(16)    Maurice Fargeon, op. cité, p. 219.
(17)    Idem, p. 221.
(18)    Idem, p. 222.
(19)    Idem, p. 223

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